Date: 2018-08-21 03:50:03 +00:00
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19th mars 2018

Lisbonne, la créative du Sud. Un week-end entre fado et street art.

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Cette semaine, on vous propose de suivre les aventures de Florisse et Germain, alias Florissexgermain. Equipés en FAGUO, ils nous content leurs découvertes poétiques pendant leur week-end à Lisbonne et on en redemande.

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Vendredi

Une demi-heure après avoir atterris à Lisbonne, nous sommes attablés à la terrasse de la Confeitaria Nacional. Située à quelques pas de la place historique du Rossio, la plus ancienne pâtisserie de la ville propose toutes sortes de douceurs. Après un réveil aux aurores et un vol retardé, les pastéis de nata encore tièdes et le soleil de novembre constituent un comité d’accueil des plus convaincants.

Notre découverte de la capitale portugaise débute par une balade dans les quartiers historiques du Chiado, de la Baixa et de Bica. Nous traversons les larges places pavées de noir et de blanc, héritées du marquis de Pombal. Suite au séisme de 1755, cet Haussmann lisboète avait engagé la reconstruction des quartiers selon un plan d’urbanisme inspiré d’une esthétique rationalisée. Entre les pins parasols et les arcades de pierre, s’élèvent les bâtiments colorés de la vieille ville, décorés de panneaux d’azulejos bleutés.

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1 – Un chat épiant les passants  2 – Florisse devant le palais de la Casa do Alentejo  3 – Le fameux tram 28  4 – Les pavages pombaliens

Au détour d’une rue, on peut apercevoir l’elevador de Santa Justa. Sa structure métallique à gros rivets
lui donne des airs de famille avec la tour Eiffel, et offre un joli panorama sur la ville. En redescendant vers la place du commerce, ouverte sur l’estuaire du Tage et son parfum iodé, nous flânons devant les vitrines des anciennes merceries et des petites échoppes de conserves vintage. Sardines, thon, morue et poulpe y sont mis à l’honneur. Sur les quais du vieux port, les halles métalliques du marché populaire ont été transformées en temple du fooding, où il fait bon grignoter quelques petiscos, petits hors-d’oeuvres à partager autour d’un apéritif.

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Samedi

Lisbonne, pour moi, c’est une première. Germain, lui, connaît bien la ville et il joue les guides avec pas mal d’aisance. Il me parle beaucoup des nuits lisboètes, de l’ambiance un peu bohème du barrio alto. Ce soir donc, pas question de faire l’impasse sur ce quartier incontournable des sorties nocturnes. Situé sur l’une des septs collines de la ville, l’ascension du barrio alto requiert un peu d’endurance, mais vaut sans aucun doute le détour. Restaurants raffinés et branchés, bars à cocktails burlesques à l’ambiance « cabinet de curiosité », concept stores d’artisanat et salons de tatouage arty peuplent ses ruelles.

Notre chambre dans l’Alfama, le quartier des pêcheurs, a des allures de cabine de bateau. Il est temps de s’écarter un peu des sentiers battus et de partir à la ddécouverte de ce petit village. Des odeurs de poisson grillé se répandent dans les rues pavées, tortueuses et étroites. Des balcons de fer forgé sont suspendus à des façades délabrées, dissimulées sous les plantes grimpantes et les icônes religieuses. De nombreuses maisons de fado s’y abritent. Art de rue populaire, le fado est un chant poétique, mélancolique et langoureux. Ici, la bienveillance et la chaleur des habitants rythment la vie du quartier.

 

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Au coin d’une ruelle, nous faisons la rencontre d’une vieille dame. Comme de nombreuses autres, elle vend devant son perron, une liqueur de cerise artisanale au verre, la ginjinha. Elle est accueillante et souriante, mais elle nous confie qu’elle craint l’afflux de touristes dans sa ville. En un an, le nombre de touristes a augmenté de plus de 10%, un boom qui inquiète. Au détour des rues, des graffitis alertent les visiteurs sur les dangers du tourisme de masse. Les recettes touristiques aident la ville à sortir de la récession mais engendrent également un certain nombre d’effets pervers. Le centre ville se vide de ses habitants, au profit des hotels et des logements touristiques.

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Dimanche

Du côté des docks en pleine mutation, anciens entrepôts et friches industrielles sont progressivement réhabilités et accueillent showrooms, galeries d’art, friperies, et ateliers d’artistes. Les murs de briques se recouvrent de fresques de graffeurs. Le parcours artistique se poursuit à Belém. Au musée Berardo, une collection d’art moderne et contemporain époustouflante est abritée dans un écrin moderniste. Enfin, le Crono Project, du côté du métro Picoas, regroupe le meilleur de l’art urbain portugais. A l’initiative de la ville, ce projet a mis à disposition de street artists de renommée internationale, des bâtiments désaffectés. Animaux et personnages en tous genres peuplent désormais les murs du quartier.

Ce grand week-end touche à sa fin. Germain et moi sommes tombés d’accord : Lisbonne, c’est l’union brillante d’une ville du Sud chaleureuse et d’une capitale culturelle dynamique.

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